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Philosophie de l’ostéopathie

Anthony G. Chila (cf dessin) a beaucoup travaillé cette notion de vision globale du corps: il a écrit un important « traité d’ostéopathie » (éd. de Boeck) dont de nouvelle éditions ne cessent de paraître, puisqu’il fait office de référence pour développer un regard ostéopathique et appréhender le patient dans son ensemble

osteoparis

Anthony G. Chila (dessin Nicolas Blaise)

Sa vision peut se résumer de cette façon (cf schéma): le corps que l’ostéopathe vient appréhender avec ses mains est un ensemble pouvant se diviser en 5 grandes fonctions qui peuvent être altérées sous l’influence de facteurs environnements stressant (traumatismes, infections, mauvaise alimentation & facteurs sociaux). Ces 5 fonctions sont:

La fonction mécanique: « la structure gouverne la fonction »: elle concerne la posture et le mouvement. Si une articulation présente un défaut de mobilité, les articulations environnantes font compenser ce défaut de mouvement. L’étude de cette fonction est la biomécanique.

La fonction neurologique (ou plus exactement neuro-sensorielle): le corps dans son ensemble est soumis au contrôle de grands capteurs qui lui donnent des informations pour se positionner (les yeux, la mâchoire, les pieds,… et même le ventre). L’étude théorique de cette fonction est la neuroscience, et la posturologie la met en pratique.

La fonction fluidique-circulatoire: « la règle de l’artère »: si la vascularisation se fait correctement, toutes les structures du corps fonctionneront correctement (sauf s’il existe une lésion organique). L’enjeu de cette fonction est un bon drainage lymphatique.

–  La fonction métabolique: …qui vient compléter la phrase précédente: si la vascularisation se fait correctement, et si l’alimentation a fourni des nutriments suffisants, toutes les structures du corps fonctionneront correctement (sauf s’il existe une lésion organique). Nous (notre corps) sommes ce que nous mangeons: L’étude de cette fonction est la nutrition et la micronutrition pour comprendre les apports alimentaires nécessaires à une fonction optimale de notre corps.

La fonction bio-psycho-sociale: très importante et pourtant souvent délaissée, elle concerne l’interprétation que notre cerveau fera des informations qui lui sont données en fonction du contexte du patient. L’étude de cette fonction est au carrefour de la neuroscience et de la psychologie.


Philosophie de l’ostéopathie par Anthony Chila:

“Le corps humain ne fonctionne pas en unités séparées, mais comme un tout harmonieux.” A.T. Still


Avec cette vision du corps comme une unité, nous pouvons comprendre que chaque facteur environnemental impactera ces 5 fonctions dans leur ensemble, et que tout thérapeute holistique doit intégrer ces 5 domaines de compétences pour appréhender correctement la plainte ressentie par son patient.

En d’autres mots, si vous vous faîtes une entorse de cheville, il en découlera de potentielles tendinites par adaptation par:

de potentiels blocages mécaniques suite à ce mouvement contraint (fibrose, défaut de mobilité articulaire,…) ce qui peut entraîner des adaptation biomécaniques ->  possibles tendinites sur des sursollicitations,… Votre ostéopathe va redonner de la mobilité à ces articulations (possiblement en lien avec d’autres corps de métier: podologue,…).

de potentielles séquelles neurosensorielles (les ligaments et tendons sont pleins de capteurs donnant des informations au corps sur votre position: c’est la « proprioception »): suite au traumatisme, la qualité de ces informations peut être moins bonne ce qui entraîne de l’instabilité et donc de la vibration à laquelle les autres tendons et muscles sont très sensibles -> possibles tendinites. Votre ostéopathe va rééduquer la proprioception (possiblement en lien avec d’autres corps de métier: kinésithérapie,…).

un œdème plus ou moins important: suite au traumatisme, une inflammation locale est activée pour entamer un processus de cicatrisation des structures lésées. Si cette inflammation n’est pas bien gérée (trop importante, non résolue,…) elle peut s’étendre par adaptation aux structures voisines -> possibles tendinites. Votre ostéopathe va optimiser le drainage (lever les freins aux voies lymphatiques & veineuses: possiblement en lien avec d’autres corps de métier: kinésithérapie,…).

un état inflammatoire plus ou moins chronique, qui est directement corrélé à l’alimentation qui peut être +/- inflammatoire, +/- acidifiante, +/- oxydante,… -> Possibles tendinites de topographies variées. Votre ostéopathe va vous donner des conseils notamment alimentaires pour optimiser la récupération  (possiblement en lien avec d’autres corps de métier: micro-nutritionnistes,…)

un handicap plus ou moins important sur votre quotidien: si vous vivez cette entorse comme un frein à votre épanouissement (carrière professionnelle, impact sur le quotidien,…), votre cerveau interprétera avec plus d’intensité cette information douloureuse, et vous risquez par exemple de sur-protéger la zone avec des positions antalgiques exagérées,… ->possibles tendinites. Votre ostéopathe aura un discours rationnel et rassurant sur les délais de rétablissement, et la récupération possiblement complète de votre fonction de la marche  (possiblement en lien avec d’autres corps de métier: psychothérapie, sophrologie,…)

Ceci est un simple exemple,non exhaustif, de pistes de réflexions amenées par un regard global sur le corps.



Voici une vision qui me semble intéressante concernant « le corps touché en ostéopathie comme exemple de médecine alternative » par le Père Jean-Marie GUEULLETTE (o.p., théologien, Univ. Cathol. de Lyon), intervenant lors de la séance du 12 juin 2019 au département d’éthique biomédicale (pôle de recherche du collège des Bernardins) autour de la réflexion : « Que vaut le corps humain ? Médecine et valeur du corps ».

« L’ostéopathie questionne avant tout sur le corps touché. Trois axes de réflexion peuvent alors en découler. Le premier s’interroge sur les corps qui se touchent, celui du médecin et celui du patient. Le second se concentre sur l’expression du toucher : par quels mots exprime-t-on ce que l’on éprouve en touchant ? Pour conclure avec une plongée dans l’anthropologie et la philosophie : que se passe-t-il quand on touche un corps humain ?

« Chronologiquement, le premier corps touché est celui de l’ostéopathe ou plus exactement du futur ostéopathe. Car au cours de la formation et dès les premiers jours, l’apprentissage passe par la pratique sur soi. Ainsi, avant de toucher les autres, le thérapeute est touché lui-même. Il aura donc vécu dans son propre corps ce qu’il sera amené à faire vivre à son patient. W. Garner Sutherland (1873-1954) un auteur majeur en ostéopathie, l’exprime ainsi « Je dois être moi-même cobaye, confie-t-il à son épouse, c’est le seul moyen pour moi de savoir. Si les expériences étaient faites sur d’autres, ils éprouveraient des sensations, des sentiments, auraient des réactions. Ils pourraient les interpréter pour moi et je pourrais obtenir de l’information, oui, mais je ne connaîtrais pas vraiment* . » Cet aspect des études explique les différences de relation thérapeutique entre le patient et l’ostéopathe d’une part, le patient et le médecin d’autre part. Il faut également souligner que l’enseignement de l’anatomie occupe une place prépondérante durant les cinq années d’études et que cette connaissance n’est pas seulement théorique mais également « ressentie » grâce au toucher sur soi et sur ses confrères étudiants.

« Le second corps touché est donc celui de l’autre, qu’il soit le confrère lors des études ou le patient dans l’intimité du cabinet. Il va s’établir un dialogue entre les mains de l’ostéopathe et le corps du patient. Ce dialogue mêle à la fois le diagnostic et la thérapeutique car tout corps touché réagi et n’est donc plus le même qu’avant. Cette modification du corps dès qu’il est touché complique les protocoles de recherche car rien n’est reproductible. En comparaison, l’examen clinique du médecin est lui à visée purement diagnostique. Le médecin cherche des signes qui permettent de nommer la pathologie.

« L’examen clinique est de plus en plus succinct, car avec l’imagerie médicale et les examens biologiques, le médecin possède des aides au diagnostic qui lui permettent de travailler, s’il le souhaite, à distance du malade. En fait, le corps et le discours du patient sont progressivement mis à distance puisque même lors d’interventions chirurgicales, le médecin ne touche plus le corps mais dirige un robot. La médecine tend donc à se retirer du corps et cette distanciation, cette absence de relation charnelle explique peut-être l’attrait représenté par l’ostéopathie. Un patient qui souffre dans son corps peut éprouver le besoin d’être rejoint dans son corps par le thérapeute.

« Si le toucher guérit, il paraît cependant important de savoir mettre des mots sur ce qui se passe. Et cela est difficile car le langage du toucher est peu étoffé. Les ostéopathes parlent donc le plus souvent par métaphores, ce que faisaient également les médecins lorsqu’ils avaient encore une approche principalement clinique. Mais la base de ces métaphores ostéopathiques est souvent le vocabulaire anatomique et cela engendre une incompréhension profonde entre l’ostéopathe et le médecin. En fait, les ostéopathes utilisent ce langage métaphorique pour tenter dire ce qu’ils ont dans les mains, ce qu’ils ressentent. Ils le situent par l’anatomie, mais leur perception ne se limite pas à l’anatomie.

« Ce toucher ostéopathique pour lequel « seuls les tissus savent » cherche à détecter les déséquilibres, les blocages vécus par le corps du patient. On pourrait dire que l’ostéopathe cherche à déchiffrer le « dialogue tissulaire » qui s’instaure par la médication de ses doigts. Mais alors, touche-t-il un corps ou une personne ? Ce toucher permet de connaître certains aspects de l’histoire du patient, il va bien au-delà de la chair. N’y a-t-il pas un risque de prise de pouvoir par le thérapeute ? Atteint-on l’âme lorsque l’on effectue ce toucher ostéopathique ? Le toucher donne-t-il accès à l’Invisible ? Il est vrai qu’en entrant en relation avec le corps, on touche un autre niveau, immatériel celui-là. Rappelons que saint Thomas écrivait « L’âme est présente dans toutes les parties du corps** ». Finalement la grande question éthique serait : Que fait-on de la connaissance que l’on a de l’autre ? Il s’agit de la philosophie de la connaissance à travers la perception.

« Pour conclure, soulignons que l’ostéopathie est avant tout un corps à corps entre le patient et l’ostéopathe et qu’en cela elle apparaît complémentaire à la médecine. Elle n’est pas une technique mais une autre façon de penser, une autre médecine*** qui considère que le patient est le premier acteur de sa guérison et qui, par conséquent, l’aide à s’auto-guérir. Les méthodes de la recherche clinique, méthodes cartésiennes, ne peuvent s’appliquer à cette autre manière de penser le corps souffrant et de l’approcher de manière systémique : il faut trouver d’autres outils pour évaluer l’efficacité de l’ostéopathie. »

* A. SUTHERLAND, « Avec des doigts qui pensent » dans W.G. SUTHERLAND, Textes fondateurs de l’ostéopathie dans le champ crânien, trad. ; H. Louwette, Vannes, Sully, 2002, 61. 

** S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia, q. 76, a. 8.

*** J.M. Gueullette, L’ostéopathie, une autre médecine, Presses Universitaires de Rennes, 2014

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Les résultats cliniques attestent aujourd’hui l’efficacité des techniques ostéopathiques. 

Quels sont les fondements scientifiques de l’ostéopathie ?

Dans de nombreuses études ou articles plus ou moins médicaux, on peut souvent lire que peu d’études ont évalué correctement la « pseudo-science » ostéopathique. C’est d’ailleurs ce que tend à conclure un rapport de l’INSERM ayant effectué une méta-analyse (recueil d’un maximum d’expérimentations) cherchant à mesurer l’efficacité de l’ostéopathie, et concluant que trop peu d’études scientifiques sont valables à ce jour pour valider la meilleure efficacité d’un traitement ostéopathique par rapport aux traitements usuels.

Mais comme le souligne Roselyne Lalauze-Pol DO en commentaire de ce rapport, « si l’intitulé se rapporte à l’ostéopathie, une grande partie de l’argumentation du rapport de l’INSERM est basée sur la chiropraxie. Les différences entre les deux pratiques sont importantes tant sur les techniques, le diagnostic (…) que sur le nombre de consultations (peu de consultations 2-3 en ostéo contre le plus souvent de multiples consultations en chiro, une dizaine, parfois plus), ce qui semble être un vrai facteur de confusion ». D’autres méta-analyses, grandes études visiblement passées inaperçues, sont cependant favorables à l’ostéopathie.


Elle ajoute à juste titre que « contrairement à la Médecine qui a construit sa pratique pendant des siècles sur l’observation clinique avant de passer progressivement à la recherche scientifique basée sur les preuves, l’Ostéopathie a moins de 150 ans, et malheureusement alors que l’observation clinique n’a pas recueilli suffisamment de données, il nous est demandé de faire d’emblée des protocoles correspondant à l’evidence based medecine ».


Deux limites principales se retrouvent dans la recherche en ostéopathie:

  • d’un côté, l’impossibilité de « double aveugle » pour objectiver l’efficacité d’un soin en ostéopathie: en effet, contrairement à une étude médicamenteuse où un médecin peut proposer une même pilule (traitement ou placebo) sans savoir ce qu’elle contient, un ostéopathe ne peut pas ne pas savoir s’il effectue un traitement ou non. La recherche en ostéopathie partage cette difficulté avec bon nombre de disciplines comme la chirurgie, la masso-kinésithérapie, la dentisterie, la psychothérapie, la podologie,… En réponse, de nouvelles méthodes d’évaluation sont proposées depuis les années 2000, mais peinent encore à s’imposer.
  • de l’autre côté, ces recherches écartent souvent les études traitant de l’efficacité de traitement loco-régionaux (une simple « manipulation vertébrale » par exemple,…), qui ne suffisent pas seules à justifier de l’efficacité de l’ostéopathie car l’ostéopathe ne se contente jamais d’une manipulation pour soulager une plainte (une simple manipulation vertébrale ne suffit souvent pas à soulager durablement ce niveau douloureux du dos). L’effet loco-régional de ces manipulations est toutefois bien reconnu aujourd’hui et ne peut être mis de côté.

Plus récemment, Charles Antoine Schwerer a piloté une étude réalisée par le cabinet Astérès (fondé en 2006 par l’économiste Nicolas Bouzou pour tisser des liens entre les sciences économiques et les problématiques opérationnelles): il a fait la démonstration en avril 2019 que l’ostéopathie, associée à des prises en charge médicales traditionnelles, a un bilan économique positif en matière de lombalgies et de cervicalgies. 


L’ostéopathie se présente tout de même aujourd’hui comme une pratique ancienne, et de nombreux travaux ont démontré l’existence de systèmes réflexes neurologiques entraînant des variations de seuils de réponses pour la contraction des muscles, un changement de la qualité de la peau et de la fonction des viscères,… La recherche sur ces données scientifiques évolue à grands pas dans des pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni,… où l’ostéopathie jouit depuis longtemps d’une reconnaissance d’Evidence Based Medicine -une ostéopathie scientifiquement approuvée- et donc de moyens de recherches infiniment plus conséquents (nommons entre autres les travaux importants d’Irvin Korr). Il reste un gros travail de recherche mais l’ostéopathie trouve de plus en plus sa place dans les équipes pluridisciplinaires médicales, et les jeunes professionnels ostéopathes sont formés et sensibilisés aux enjeux  scientifiques à venir (des comités de recherche sont nés dans des écoles comme l’Institut Dauphine d’Ostéopathie pour accompagner les étudiants dans la mise en place de mémoire expérimentaux de fins d’études).

Exemple de corps médical donnant de plus en plus d’importance aux consultations ostéopathiques: l’accompagnement de patients atteints de cancers.

Par ailleurs, l’ostéopathie est souvent accusée de s’inspirer de philosophies voire de spiritualités parfois fumeuses. Or si l’on peut parler de « philosophie ostéopathique » pour exposer la démarche de réflexion critique et de questionnement sur la connaissance de l’être humain proposée par notre métier, les décrets cadrant la formation des jeunes ostéopathes enracinent la pratique sur des matières scientifiques médicales strictes (comme la psychologie par exemple), mais sans aucune initiation à la philosophie, et encore moins à la théologie, etc…

Autre reproche souvent opposé à l’ostéopathie est que nous prétendrions soigner tout types de maladies. Or cela est faux: l’ostéopathie n’affirmera jamais soigner des maladies organiques. Les ostéopathes défendent le fait qu’en redonnant un maximum de mobilité à l’ensemble des structures du corps (en traitant des problèmes fonctionnels et non pathologiques donc), ils lui offriront de meilleures chances de lutter avec succès contre certaines pathologies, ou d’accompagner certains traitements sans s’y substituer.

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Quelle est la différence entre ostéopathe et kinésithérapeute ?

C’est une question qui revient très souvent car ces deux professions semblent avoir une approche similaire pour traiter le corps avec les mains, mais il existe de vraies différences entre ces deux métiers.

Tout d’abord, d’un point de vue historique. Même si la médecine manuelle semble avoir toujours existé, les rebouteux de nos campagnes (dont le savoir était basé sur le simple retour de leurs clients) ne feront place à des thérapeutes formés en institutions (à des pratiques reconnues scientifiquement) qu’à partir du XIXème siècle. Il est intéressant de noter que même si l’ostéopathie n’a été reconnue en France qu’en 2002 et apparaît donc comme une discipline récente -alors que la profession de masseur-kinésithérapeute était créée en 1946 et jouit d’une meilleure assise en France- la profession d’ostéopathe, fondée par Andrew Taylor Still dès 1874 aux Etats-Unis, est plus ancienne que celle de masseur-kinésithérapeute.

Les kinésithérapeutes sont titulaires d’un diplôme d’état (de 3 ans d’études, ils sont en train de passer à 4 par masterisation) et sont reconnus comme professionnels de santé. Sous prescription médicale leur actes sont remboursés par la SECU. La plupart du temps ils traitent un diagnostic posé en amont par le corps médical, et pour cela se servent de leurs mains tout comme de diverses outils (ondes de choc, cryothérapie, ultrasons, etc…) pour soulager la plainte, la pathologie.

L’ostéopathie (les derniers décrets imposent un minimum de 5 ans d’études) n’est quant-à-elle pas remboursée par la sécurité sociale mais par de plus en plus de mutuelles, ce qui est une bonne chose car l’ostéopathe aborde le corps sous un angle plus global. En effet, la consultation d’ostéopathie nécessite du temps pour que l’ostéopathe appréhende tous les systèmes du corps -avec ses simples mains- à la recherche de restrictions de mobilités (au niveau articulaire, mais aussi au niveau viscéral et des fascias qui enveloppent toutes les structures de l’organisme) pour redonner une fonction optimale au corps du patient, et notamment soulager la plainte (sans traiter spécifiquement la pathologie). Tomber dans une tarification par remboursement à l’acte risquerait de se faire au détriment de la vision globale du patient.


Tomber dans une tarification par remboursement de la SECU à l’acte serait délétère pour l’ostéopathie.


Les deux professions sont complémentaires et pourront accompagner une même plainte ! Par exemple face à une ténosynovite au niveau du bassin (« tendinite » dans le langage courant):

  • le kinésithérapeute va s’atteler à travailler le tendon en souffrance, et à rééquilibrer les tensions musculaires s’exerçant sur ce bassin pour lui redonner un maximum de mobilité. Avec son matériel que ne possède pas l’ostéopathe, il sera plus efficace pour traiter spécifiquement le tendon,
  •  l’ostéopathe va certes travailler la mobilité du bassin, mais se concentrera surtout à relâcher en amont:
    • les contraintes mécaniques s’exerçant au dessus et en dessous: par exemple un défaut de mobilité d’une cheville suite à une entorse, qui force le patient à compenser par plus de sollicitations sur le bassin à la marche,
    • les contraintes neurosensorielles: par exemple un défaut de « proprioception » (perception de la position du corps donnée par de multiples capteurs situés notamment au niveau des ligaments) suite à cette même entorse de cheville, qui entraîne de la vibration à la marche et fragilise les tendons,
    • les défauts de drainage: par exemple redonner une bon mouvement de pompe au diaphragme, visant entre autres à drainer l’inflammation au niveau du bassin,
    • un problème métabolique: par exemple un terrain d’acidose (qui prédispose au terrain inflammatoire), qui pourra être amélioré par des manipulations viscérales et par des conseils alimentaires),

Si l’approche de l’ostéopathie éveille votre curiosité, cliquez ici: la philosophie de l’ostéopathie.

Attention, de nombreuses sources mentionnent que l’ostéopathie n’a aucun fondement scientifique, si vous les croyez je vous invite à lire cet autre article: Les résultats cliniques attestent aujourd’hui l’efficacité des techniques ostéopathiques. 

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Que signifie le terme « ostéopathie »

Bon nombre de personnes, notamment des ostéopathes, définissent le terme « ostéopathie » à partir des racines latines « osteo » et « pathos » qui signifieraient alors à tord « pathologie de l’os ». Traduction erronée puisque l’ostéopathe travaille sur les troubles de la fonction avant qu’il existe une atteinte anatomique vraie, et se situe le cas échéant en accompagnement des tissus environnants mais n’a aucune prétention de traiter des pathologies. C’est d’ailleurs le choix qu’ont fait les « étiopathes » (l’étiopathie est un courant dérivé de l’ostéopathie), qui ont défini leur nom par « etio » & « pathos », étymologie plus explicite pour signifier que -comme les ostéopathes- ils s’attachent à rechercher « l’origine du problème ».


Mais pourquoi avoir donc choisit ce terme « ostéopathe » ?


Il faut en effet resituer ce choix dans le contexte de la création de l’ostéopathie: A.T Still (cf. dessin), fondateur de l’ostéopathie, est un né aux Etats-Unis au XIX° siècle. Ne se satisfaisant pas de ses études de médecine, il fait d’importantes recherches d’anatomie et de physiologie en dissection cadavériques (sur les champs de bataille de la guerre de Sécession), connaissances sur lesquelles il appuiera tout son concept de thérapie manuelle intégrant l’homme dans sa globalité, et cherchant à comprendre les voies d’adaptations du corps entraînant des troubles, plutôt que le moyen de traiter les symptômes. C’est ainsi tout naturellement qu’il va définir l’ostéo-pathie par l’emprunt du terme anglais « path » qui signifie le chemin, « la voie ».

Attention, les dérivés du mot « ostéopathie » s’écrivent donc avec un seul « H », et celui-ci se situe après le deuxième « T » (Vous éviterez maintenant d’écrire: osthéopathe, osthéopate, ostéopate, osthéopathie, osthéopatie, ostéopatie,…!).

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Reconnaissance de l’ostéopathie comme soin de support en cancérologie

Ostéopathie et cancer: L’AFSOS (Association Francophone des Soins Oncologiques de Support) reconnaît l’efficacité de l’ostéopathie en accompagnement des plaintes de patients cancéreux.

Par les techniques ostéopathiques indirectes, dîtes « douces » (l’ostéopathe rapproche en douceur les points d’insertion d’un muscle par exemple: ces techniques diminuent la disparité entre les fibres intra et extrafusales , pour (…) réduire l’activité gamma du système nerveux central et détendre ce même muscle*), cette autorité en cancérologie dresse la liste de nombreux symptômes améliorés par un traitement ostéopathique chez la personne atteinte d’un cancer:


Douleurs

Fatigue

Lymphœdème

Préparation du corps avant traitement spécifique (chimio,…)

Stress, anxiété

Stimulation du système immunitaire

Troubles du sommeil

Troubles digestifs (nausées, vomissements, constipation…)

Traitement des cicatrices


Elle ne reconnaît à ces traitements que très peu d’effets secondaires (mineurs et transitoires) si le traitement ostéopathique est effectué dans une approche pluri-disciplinaire par un ostéopathe D.O (formé en établissement de formation agréé par le ministère de la santé, comme l’Institut Dauphine d’Ostéopathie – Paris).

* PIRON A. Techniques ostéopathiques appliquées à la phoniatrie. Tome 1. Biomécanique fonctionnelle et normalisation du larynx. Lyon: Symetrie, 2007, p79

la douleur projetée

L’altération pathologique ou fonctionnelle d’une structure du corps (une stimulation douloureuse générée par un viscère irrité par exemple, une brûlure gastrique) produit -via des nerfs- des informations neurologiques excessives et discordantes au niveau de leur raccord à la moelle épinière.

 

Ce mécanisme entraine une baisse du « seuil de stimulation » au niveau de ce segment de moelle épinière. Ce qui se traduit par une réponse exagérée au niveau des autres nerfs reliés sur ce même segment « facilité » de la moelle épinière.

 

Cette altération des réflexes neurologiques (donc entre les viscères et le dos par exemple) entraîne une excitabilité qui se manifeste par l’augmentation de la tonicité musculaire locale et déclenche donc des douleurs sur des stimulations simples, normalement indolores = douleurs du dos sur un « faux mouvement » par exemple.

Nicolas Blaise - ostéopathe Paris 13 Olympiades

Lien viscéro-somatique et douleur projetée en ostéopathie

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Femme enceinte: quelles sont les indications et les contre-indications à la consultation ostéopathique pendant la grossesse ?

Vous souffrez de maux durant votre grossesse et vous ne savez pas si ils sont du ressort de l’ostéopathie ?
Voici une rapide hiérarchisation (non exhaustive) entre les plaintes qui doivent vous motiver à appeler votre ostéopathe, et celles nécessitant une prise en charge médicale.

La consultation médicale doit se faire:

Pour d’éventuels examens complémentaires aux urgences de l’hôpital, ou par votre gynécologue ou votre sage-femme.

  • En cas de traumatisme (Accident de la Voie Publique, chute,…) sur le ventre ou non,
  • En cas de contractions,
  • En cas de saignements et autres pertes de liquides,
  • En cas de fièvre (> 38°C) et/ou vomissements répétés,
  • En cas de maux de têtes,
  • En cas d’absence partielle (nette diminution) ou totale des mouvements de votre bébé.

En aucun cas vous ne devez consulter votre ostéopathe en première intention devant ces signes, quelque soit votre terme de grossesse.

La consultation ostéopathique, quant à elle, peut être motivée par:

  • Des douleurs de dos ou dans les fesses, articulaires ou musculaires,
  • Des sensations de décharges dans les jambes (sciatiques),
  • Des sensations de jambes lourdes, ou des jambes gonflées,
  • Une sensation d’essoufflement,
  • Des maux de tête apparus progressivement,
  • Des plaintes abdominales: acidité, brûlures, ballonnements, constipation, hémorroïdes et autres troubles fonctionnels de la digestion,…

En effet, face aux changements apportés par l’imprégnation hormonale et au développement de l’utérus gravide, l’ostéopathe agira en redonnant un maximum de mobilité aux structures ostéo-articulaires, ainsi qu’aux éléments contenus dans l’abdomen les uns par rapport aux autres.

En savoir plus sur l’ostéopathie et la grossesse


En plus de tous ces champs d’action pour faciliter le quotidien de la femme enceinte, l’ostéopathie est une bonne préparation à l’accouchement imminent en fin de grossesse, en donnant un maximum de mobilité à l’utérus et au bassin. Pour cela il vous faut consulter idéalement 1,5 mois avant votre terme prévu.

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L’ostéopathie fait-elle mal ?

Si la majorité des patients consultent alors qu’ils se plaignent d’une douleur, l’ostéopathe va examiner des niveaux du corps non douloureux (ce qui peut parfois paraître curieux: « pourquoi l’ostéopathe traite mon pied alors que j’ai mal au dos ? ») mais il est normal et même attendu que cet ostéopathe aille traiter précisément la zone algique ; cela fait-il mal ?

Bibliothèque François Mitterrand Tolbiac Place dItalie

Certaines techniques (comme les mobilisations viscérales, des ponçages musculaires ou autre travail cicatriciel) peuvent être inconfortables pour certains patients, mais même la simple position allongée peut-être intenable chez quelqu’un souffrant d’un lumbago, car évidemment la douleur est une donnée subjective. Il vous incombe donc d’informer votre ostéopathe dès que sa palpation vous est douloureuse, car certaines techniques peuvent être confortables pour les uns mais moins pour d’autres. En ce qui concerne ma pratique, ostéopathe D.O à Olympiades – Paris 13ème, je reviens donc régulièrement vers mes patients afin de m’assurer de leur bien-être sur la table.


Quoi qu’il en soit, pour traiter les défauts de mobilité l’ostéopathie possède un large panel de technicités, afin de s’adapter à chaque ressenti et à chaque patient, comme décrit ici.


Ainsi, à l’exception de certaines techniques qui doivent être amenées avec tact (et jamais exécutées sans votre aval), l’ostéopathie ne doit pas faire mal lorsqu’elle est bien exécutée, même lors du traitement des niveaux douloureux. J’attire notamment votre attention sur le fameux « craquement » des articulations, qui bien que parfois surprenant de par le son émis (qui ne juge pas de l’efficacité de la manipulation: « A quoi correspond le craquement des articulations ? »), n’est absolument pas douloureux ni dangereux !

L’ostéopathie est reconnue par l’Etat et sa pratique est encadrée par les autorités compétentes: seuls les professionnels reconnus sont habilités à la pratiquer: comment choisir un bon ostéopathe ?

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Sur quels critères choisir un bon ostéopathe ?

Sur quels critères choisir un bon ostéopathe ? Grande question !

Sachez qu’il est préférable d’avoir affaire à un ostéopathe exclusif, c’est à dire qui pratique uniquement l’ostéopathie dans son cabinet. L’image du kinésithérapeute ou du médecin spécialisé en ostéopathie est parfois rassurante, elle n’est cependant pas forcément gage de qualité: l’ostéopathe exclusif possède généralement une meilleure habileté palpatoire à la sortie de ses études (il exerce ses mains à temps plein durant 5 ans d’études).

De plus, notez que les consultations d’ostéopathie réglées sous forme de consultations médicales ou de kiné, sont remboursées par la SECU mais sont interdites par la loi.


Le travail de l’ostéopathe exclusif se montre très efficace et sans risque si ce-dernier a reçu une formation sérieuse, pour cela il est indispensable de vérifier qu’il possède le label « D.O. » derrière son titre d’ostéopathe. Veillez également à ce qu’il soit enregistré au sein de son Agence Régionale de Santé (ARS), possédant ainsi un numéro ADELI.


Mais l’ostéopathie proposant une approche originale et globale, le choix d’un ostéopathe dépendra surtout de vos attentes. Pour cela, le meilleur moyen d’informations reste le bouche à oreille ; ou la tenue d’un site par l’ostéopathe: exposant ainsi sa vision, sa pratique.

Attention toutefois aux ostéopathes « spécialisés » dans un domaine particulier: en général, les bons ostéopathes savent au contraire profiter d’un large panel de technicités pour s’adapter au mieux à chaque plainte et à chaque patient.

Cabinet ostéopathie Olympiades - Paris 13

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A quoi correspond le craquement des articulations ?

Souvent perçu comme le signe d’efficacité d’une technique, parfois appréhendé (et quelques fois à juste titre suite à des manipulations brutales de thérapeutes non compétents), qu’il soit exigé ou refusé par le patient, à quoi correspond le craquement d’une articulation ?

Physiologiquement, le « crack » produit par le mouvement d’une articulation vient du fait qu’elle est constituée d’un espace liquide inextensible, la cavité synoviale. Lors de l’étirement contraint de cette cavité, la diminution puis l’augmentation de la pression va concentrer le gaz dissout dans le liquide synovial en une bulle d’air qui va soudainement « éclater » :


« Quand nous tirons sur une articulation synoviale, la pression du liquide diminue, car ce dernier occupe soudainement un plus gros volume. Ce liquide s’évapore et une bulle gazeuse apparaît lorsqu’une certaine pression est atteinte.

A ce moment, les surfaces articulaires opposées se séparent brusquement jusqu’à la limite imposée par la capsule articulaire. Lorsque les deux surfaces articulaires sont séparées, la pression dans l’articulation excède celle de la bulle gazeuse qui est alors aplatie et produit un bruit de craquement.

L’écrasement de la bulle (la mise à plat) forme de nombreuses bulles plus petites qui reviennent graduellement en solution. L’articulation ne pourra produire aucun autre craquement avant que les bulles ne disparaissent et que le gaz soit complètement dissous, soit une durée d’environ 20 à 30 minutes. »

« Principes d’Anatomie et de Physiologie », Tortora/Grabowski, Deuxième Edition Française, DeBoeck Université 1994


 

Associé à ce phénomène de « cavitation » créant le bruit articulaire, l’augmentation de l’espace articulaire de repos va garantir une plus grande amplitude immédiatement après le craquement, et ce jusqu’à la totale réabsorption des bulles de gaz dans le liquide synovial, offrant une sensation de meilleure mobilité et de confort pendant 20 à 30 minutes.

Pourquoi l’ostéopathe fait-il craquer : quel est le but du craquement en ostéopathie ?

Bien que le bruit articulaire d’un « auto-craquement » soit le même que celui des manipulations ostéopathiques, ces manipulations n’ont pas du tout le même enjeu. Tout le monde a déjà fait l’expérience du craquement des doigts : il y a ceux « qui se font craquer » par habitude, et ceux qui ne supportent pas de les entendre ; mais est-ce dangereux, notamment pour les articulations ?

L’inquiétude d’une atteinte des cartilages, comme de l’arthrose, due aux craquements répétés est infondée : il n’existe aucun risque pour les articulations, si ce n’est de leur donner de plus en plus de laxité (donc potentiellement de moins bien les protéger)… Et de donner envie de continuer de se faire craquer par automatisme, énervant votre voisinage !

Le principal risque réside en fait dans les craquements (du dos) avec des grands bras de levier, en se tordant à l’aide du poids de vos jambes ou de votre buste, vous risquez un jour de mal jauger les forces que vous exercez sur vos articulations, et de dépasser leur mobilité physiologique, entrainant ainsi un spasme musculaire… Certes bénin, mais vous aurez gagné un bon mal de dos !


Comme pour ouvrir une vieille fenêtre, l’ostéopathe a le choix entre mobiliser rapidement l’articulation dans le sens de son verrouillage (tirer la fenêtre vers soi), ou bien rentrer dans le mouvement contraint, pour trouver une fine voie de passage afin de restaurer l’amplitude normale de l’articulation (jouer plus lentement sur le jeu que peut offrir la poignée de la fenêtre !).


L’ostéopathie comporte de nombreuses techniques visant toutes à redonner de la mobilité aux différentes articulations. Les techniques structurelles d’HVBA consistent à effectuer une mobilisation en Haute Vélocité Basse Amplitude de deux segments articulaires, soit des manipulations rapides en respectant les limites physiologiques des articulations ; ces techniques sont indolores quand elles sont bien effectuées !

Lors d’une manipulation contre le mouvement verrouillé d’une articulation, le jeu de pression exercé sur la cavité articulaire (par exemple entre deux vertèbres) va écraser la bulle d’air créée de la même manière que le fait d’appuyer sur ses doigts. Mais alors que l’augmentation de l’amplitude des articulations est donc transitoire lors des auto-craquements, la manipulation ostéopathique a pour but de « surprendre » la boucle d’information neuromusculaire par l’étirement brusque des fibres musculaires, afin de réétalonner pour de bon la position de repos de l’articulation (shunter ainsi le réflexe existant entre informations de sensitivité et réponse motrice, qui maintenait jusqu’alors l’articulation dans sa restriction de mobilité).

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Le but de la technique structurelle ostéopathique en « trust » n’est donc pas le craquement en soit : elle vise à corriger durablement un défaut de mobilité par son impact sur le pilotage des muscles contrôlant la mobilité des articulations. Elle ne doit jamais faire mal, n’hésitez pas à parler de vos appréhensions à votre ostéopathe afin qu’il s’adapte à vos attentes, comme s’efforce de le faire Nicolas Blaise – Ostéopathe D.O à Olympiades Paris XIII.

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